23 juin 2006
Big Brother is watching you
«La réalité n’est pas extérieure. La réalité existe dans l’esprit humain et nulle part ailleurs. »
L’inégalité serait-elle le prix de la civilisation ?
… l’inégalité était une loi inaltérable de la vie humaine. Cette doctrine, naturellement, avait toujours eu des adhérents… Dans le passé, la nécessité d’une forme hiérarchisée de société avait été la doctrine spécifique de la classe supérieure. Elle avait été prêchée par les rois et les aristocrates, par les prêtres, hommes de loi et autre qui étaient les parasites des premiers et elle avait été adoucie par des promesses de compensation dans un monde imaginaire par-delà la tombe.
Dans un monde dans lequel le nombre d’heures de travail serait court, où chacun aurait suffisamment de nourriture, vivait dans une maison munie d’une salle de bain et d ‘un réfrigérateur... la plus évidente et peut-être la plus importante forme d’inégalité aurait déjà disparue, devenue générale, la richesse ne conférerait plus aucune distinction. Il était possible, sans aucun doute, d’imaginer une société dans laquelle la richesse dans le sens de possessions personnelles et de luxe serait également distribuée, tandis que le savoir resterait entre les mains d’une petite caste privilégiée. Mais, dans la pratique, une telle société ne pourrait demeurer longtemps stable. Si tous, en effet, jouissaient de la même façon de loisirs et de sécurité, la grande masse d’êtres humains qui est normalement abrutie par la pauvreté, pourrait s’instruire et apprendre à réfléchir par elle-même s’apercevrait alors tôt ou tard que la minorité privilégiée n’a aucune raison d’être et la balaierait. En résumé, une société hiérarchisée n’est possible que sur la base de la pauvreté et de l’ignorance.
Qui commande le passé commande l’avenir.
Qui commande le passé commande l’avenir ; qui commande le présent commande le passé.
- Est-ce que le passé existe d’une façon concrète dans l’espace ? Y a-t-il quelque part, ou ailleurs, un monde d’objets solides où le passé continue à se manifester ?
- Non.
- Où le passé existe-t-il donc, s’il existe ?
- Dans les documents. Il est consigné.
De plus, il est nécessaire, pour être efficient, d’être capable de recevoir les leçons du passé, ce qui signifiait avoir une idée absolument précise des événements du passé. Journaux et livres d’histoire étaient naturellement toujours enjolivés et influencés.
La guerre c’est la paix.
Le but primordial de la guerre moderne est de consommer entièrement les produits de la machine sans élever le niveau général de la vie.
L’acte essentiel de la guerre est la destruction, pas nécessairement des vies humaines, mais les produits du travail humain. La guerre est le moyen de briser, de verser dans la stratosphère, ou de faire sombrer dans les profondeurs de la mer, les matériaux qui, autrement, pourraient être employés à donner trop de confort aux masses, partant, trop d’intelligence en fin de compte.
Le pouvoir.
L’obéissance ne suffit pas. Comment, s’il ne souffre pas (l'individu), peut-on être certain qu’il obéit, non à sa volonté mais à la vôtre ? Le pouvoir est d’infliger des souffrances et des humiliations. Le pouvoir est de déchirer l’esprit humain en morceaux que l’on rassemble ensuite sous de nouvelles formes que l’on a choisies.
G. Orwell 1984
20:15 Publié dans Bouquinage et philosopherie | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
10 juin 2006
A la base c'était inspiré par le bac mais ça part vite en vrille sur le sujet très inquiétant des films de mariage...
En ce moment on passe le Bac en Algérie, des vies sont en jeu, de jeunes gens pétrifiés vomissent à tout va, mais qui donc à décidé que ce baccalauréat devait être abordé avec tant de souffrance ? Pourquoi ne pas rassurer ce petit monde, pourquoi ne pas désacraliser la chose ? Les journaux en font la une, tout le monde en parle, dans le bus, dans la rue, et même les petites vieilles encore en hayak n’ont que ce mot à la bouche ! Mais faites les taire donc ! Tant de pression pour un examen qui au final n’est pas si dur, à part pour les tires-au-flanc de première catégorie élevés à l’air libre, cela va s’en dire. Des camions blindés ramènent les sujets, le journal du 20h en fait ses titres, tant de pression qui crée un climat palpable à pleines mains dans l’air. Mais laissez-les donc réviser en paix. Et leur avenir se tracera. On se jettera sur médecine et pharmacie, et tout le reste ira pourrir à Bab-ezzouar –paix à leurs âmes-, ou pire ils traîneront dans un quelconque institut dont les initiales ne nous disent absolument rien. Ils chemineront ainsi cahin-caha sur un chemin douteux semé d’embûches étranges qui les mèneront vers un diplôme encore plus étrange et un vide post-universitaire à combler par un hypothétique boulot payé– soyons fous – à 22 000 dinars pour les plus « appuyés ». Les autres iront se marier et faire des gosses, vendre des merguez, se convertir dans le commerce équitable (hum hum), ou filmer des interminables cortèges de mariés et s’offrir le titre de « cameraman de mariage » (voir NB), bref pleins de choses durement apprises à l’université. Mais arrêtons d’être pessimistes et crions gloire au bac, à l’université algérienne, aux salaires, et à l’avenir de l’emploi. Amen.
NB : très important à souligner cette folie –ridicule pardon- de filmer interminablement un cortège de voiture et d’oser appeler ça cassette vidéo de mariage, qui le regardera ? Ca intéresse quelqu’un des voitures qui roulent sur des kilomètres ? Et quand la mariée habite à Ain Sefra et le marié à Constantine, on film les 8h de route ? C’est très très inquiétant comme phénomène je trouve, très inquiétant.
21:35 Publié dans Alger: Allo SOS coeurs brisés, j'écoute? | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
05 juin 2006
Fuck the système?
Plusieurs jours déjà que l'algérien moyen de moins de cinquante ans n'a plus le câble, des gens hurlent à la mort à travers tous le pays, des révoltes commencent à éclater à Guelma, Oued el Alleug, et Boumedfaa, l'heure est grave, sans parabole nous ouvrons les yeux, et écartés du petit écran l'Algérie apparait dans toute sa.. misère, l'ennuis nous ronge, plus de TPS, MULTIVISION, à l'aide, nous coulons!! Serait-ce enfin l'heure de rentrer dans le troupeau? De se comporter en être humains civilisés qui payent la télévision par satellite? On en profitera aussi pour commencer à payer les impôts, les contraventions, enlever l'ingénieux système de notre cousin qui empêche le compteur de l'éléctricité de tourner, on arrêtera d'appeler sa soeur mariée en Finlande en utilisant la ligne des voisins, et les taxieurs se suicideront tout simplement dans un grand acte d'humanité, et qui sais, peut-être que nos dirigeants adorés arrêteront aussi de frauder à grande envergure, le wali rendra les milles logements auxuels il n'a pu résister (allah ghaleb l'habitude), le maire arrêtera de signer des permis de construire sur les marais boueux instables d'El-Harrach, les généraux feront tomber de plus grosses miettes et le nain de jardin déposera les armes. C'est peut-être le début de l'air propre algérienne, finit la misère, devenons dignes, devenons des êtres humains normaux!
19:28 Publié dans Alger: Allo SOS coeurs brisés, j'écoute? | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note








